TRAITEMENT DE L’HYDROCEPHALIE PAR NEURO-ENDOSCOPIE

INTERVENTIONS CHIRURGICALES REUSSIES A L‘HOPITAL PRINCIPAL 

 

Une équipe de neurochirurgiens a effectué avec succès à l’Hôpital Principal de Dakar  des interventions chirurgicales pour traiter l’hydrocéphalie.

 

Ce traitement révolutionnaire par neuro-endoscopie est une première au Sénégal et dans la sous-région. La première opération a eu le jeudi 04 août 2005 sur un bébé âgé d'un an et la deuxième le lendemain sur un élève de 23 ans. Elles ont été menées par le Docteur Bruno POUIT, neurochirurgien à l'hôpital militaire du Val de Grâce à Paris et le Docteur Abdou Aziz DIOP, neurochirurgien à l'Hôpital Principal.

 

 

L’hydrocéphalie est une dilatation active des cavités liquidiennes du cerveau. Elle résulte soit d’un excès de production du liquide céphalo-spinal (tumeur des plexus choroïdes), d’un obstacle sur ses voies d’écoulement (malformations, tumeurs) ou d’un défaut de sa résorption (séquelles de méningite, prématurité, hémorragie méningée…).

 

Elle est plus fréquente chez les enfants du fait des malformations et des infections du système nerveux central. Mais, elle peut se voir aussi chez les adultes ou les personnes âgées dans le cadre de certaines tumeurs ou résultant de causes idiopathiques (hydrocéphalie chronique évolutive de l’adulte).

 

 

Le principe de son traitement est de rétablir l’hydrodynamique notamment la circulation et la résorption du liquide céphalo-spinal. Deux techniques sont pratiquées.

 

La première consiste à mettre un système de raccord-pompe pour drainer l’excès de volume de liquide vers d‘autres cavités de l’organisme tel que l’abdomen, le cœur ou la plèvre. C’est le système des « shunts »  utilisant les valves. L’inconvénient de ces valves, hormis leur coût (deux cent mille à un million cinq cent mille francs CFA), est d’exposer à des complications tout au long de la vie du patient : infections, dysfonctionnements nécessitant des ré-interventions répétées et coûteuses en sus de la menace vitale en cas d’inaccessibilité immédiate à l’hôpital (région, zone éloignée de Dakar).

 

La deuxième solution thérapeutique appelée ventriculo-cisternostomie est une technique assez récente qui consiste à mettre en communication les cavités liquidiennes dilatées du cerveau (ventricule) et les citernes de la base du crâne. C’est une vidéo-chirurgie qui s’affranchit de tout implant dans l’organisme. C’est donc une technique peu coûteuse qui permet de guérir plus d’un tiers des hydrocéphalies. Elle permet également de traiter d‘autres pathologies du cerveau telles que les kystes arachnoïdes, les kystes colloïdes et les papillomes des plexus choroÏdes.

 

Cette méthode de traitement de la pathologie présente un intérêt particulier en matière de santé publique  et va contribuer notablement à la réduction du coût de  prise en charge de cette maladie au Sénégal, voire dans la sous-région. La valve utilisée dans le traitement classique coûte entre deux cent (200.000) et un million cinq cent mille (1.500.000) francs CFA. 

 

 

L’introduction de ce mode de traitement de l’hydrocéphalie au Sénégal est le fruit d’une collaboration entre l’Hôpital Principal de Dakar et l’hôpital militaire du Val de Grâce à Paris. L’opération a  été rendue possible grâce à Madame Viviane WADE qui a, par le biais de l’Association Education-Santé, a financé l’acquisition du kit de neuro-endoscopie.

 

La maman du premier patient opéré en discussion avec le Dr. POUIT