![]() |
La troisième édition des Entretiens d’Allergologie et de Pneumologie de l’Hôpital Principal de Dakar s'est déroulée les jeudi 22 et vendredi 23 novembre 2007 à l’Hôpital Principal de Dakar sous le sceau du renforcement et de la continuité. Cette réunion scientifique appréciée par la qualité de ses intervenants était orientée cette année vers l’endoscopie bronchique diagnostique et interventionnelle pour son volet pneumologique et vers l’allergie à l’arachide pour son volet allergologique. Les thèmes de cette année sortent de l’ordinaire. Ils sont d'une actualité évidente car touchant de près des problèmes médicaux que nous ou des membres de nos familles vivent quotidiennement et constituent des problèmes majeurs de santé publique dans le monde. | Pour l'édition 2007, il y a eu une innovation de taille avec la démonstration sur des malades sélectionnés pour une endoscopie bronchique interventionnelle. |
La cérémonie d'ouverture de ces assises scientifiques a été présidée par Monsieur René Emmanuel MOISE, directeur de cabinet du Ministre des Forces Armées. C'était en présence du Médecin Général Francis KLOTZ directeur de l'établissement et de son adjoint le Médecin-Colonel Boubacar WADE.
Plusieurs personnalités parmi lesquelles le Médecin Général Mouhamadou Ciré MARA, président du conseil d'administration de l'Hôpital Principal et le Médecin-Colonel Madické Ndao, directeur du Service de Santé des Armées sénégalaises, des experts étrangers et locaux et autres invités y ont assisté.

Après l'allocution de bienvenue du Médecin général KLOTZ et le discours d'ouverture de Monsieur MOISE, les experts se sont succédés.
Pour le premier thème, « l’Endoscopie bronchique de tous les âges- l’Endoscopie interventionnelle », la volonté des organisateurs est de vulgariser cette activité scientifique, et surtout de prendre en charge de plus en plus la pathologie broncho-pulmonaire (très variée, très invalidante et parfois rapidement mortelle)à travers l’endoscopie interventionnelle. Pour cela, les experts étrangers et locaux ont confronté leurs expériences. Il s’agit du Professeur Hervé DUTAUX du C.H.U. de Marseille, du Professeur Jacques DEBLIC de l’Hôpital Necker pour Enfants de Paris, du Docteur Fabien VAYLET de l’Hôpital de Percy de Paris, du Professeur Mouhamadou NDIAYE du service de chirurgie thoracique du C.H.U. de Fann, du Professeur Malick DIOP du service ORL de l’hôpital Le Dantec, du Docteur Bamba CISSOKO du service ORL de l’Hôpital Principal de Dakar et du Docteur Michel THIAKANE du service de pédiatrie de l’Hôpital Principal de Dakar. La séance était présidée par le Professeur Mouhamadou NDIAYE, avec comme modérateur le docteur Oumar BA. Le secrétaire de séance était le Docteur Cheikh FALL.
Les interventions des experts ont porté des sujets importants qui ont retenu l'attention de l'assistance. Ainsi, le Docteur Bamba CISSOKO du service ORL de l'Hôpital Principal a donné son point de vue sur les corps étrangers trachéo-bronchiques. La présence de ces corps étrangers constitue un accident redoutable qui cause de grosses frayeurs pour l'anesthésiste et l'ORL et un risque mal perçu par les familles. Lui succédant, le Professeur Malick DIOP a abordé l'exemple des corps étrangers des voies respiratoires inférieures et l'apport de l'endoscopie dans la réalisation d'actes interventionnelles qui a permis de ramener le taux de mortalité de 30 % à 3% chez plus de 200 enfants traités. Quant au Professeur Malick NDIAYE, il a traité de la perspective de l'endoscopie interventionnelle à Dakar, avec la présentation d'un cas d'asphyxie par obstruction trachéale ou carinaire néoplasique qui est une urgence redoutable.

le Docteur Michel THIAKANE a présenté un autre cas de présence de corps étranger qui a résisté aux ORL. Il s'agit d'une fillette de 10 ans référée pour toux chronique avec amaigrissement depuis un an. Le recours à l'endoscopie à permis d'extraire du papier plastique de sucette au niveau apical LID et il s'en est suivi un traitement antibiotique et une kinésithérapie respiratoire. Après un mois d'ATB, la toux et la bronchorrhée ont diminué et l'image radiologique a montré une meilleure aération du LID. En conclusion, on peut retenir que le recours à l'endoscopie a été indispensable pour le traitement de ce cas.
Le Professeur Jacques De Blic qui traitait de l'endoscopie bronchique chez l'enfant a d'emblée souligné la place de l'endoscopie bronchique dans l'exploration pneumologique de l'enfant. Pour les enfants, les indications essentielles sont la crainte d'un obstacle sur les voies aériennes d'où la nécessité de la miniaturisation du matériel qui permet l'extension des indications en réanimation néonatale pour la recherche d'un obstacle sur les voies aériennes. En conclusion, il fait remarquer que les progrès de l'endoscopie viendront des progrès technologiques, de la mise au point d'endoscopie de faible diamètre et permettant la réalisation de LBA chez le petit nourrisson, de l'amélioration des techniques anesthésiques et du développement de l'endoscopie virtuelle.
le Professeur Hervé DUTAU et le Docteur Fabien VAYLET ont abordé très largement le sujet de l'endoscopie interventionnelle. la prise en charge des pathologies des voies aériennes centrales imposent pour la plupart des cas l'utilisation combinée de plusieurs techniques (bronchoscopie rigide, ponctions trans-bronchiques à l'aiguille de Wang, bronchoscopie en auto fluorescence, échographie endobronchique, laser, électrocoagulation et coagulation par argon plasma, cryothérapie, endoprothèses, endobrachythérapie, thérapie photo dynamique, réduction endoscopique du volume pulmonaire). La multiplicité de toutes ces techniques endoscopiques nécessitant un long apprentissage et une certaine expertise, a fait naître une sous spécialité en pneumologie : la pneumologie interventionnelle. La pneumologie interventionnelle est actuellement en plein essor et suscite beaucoup d'espoirs notamment pas ses possibilités de pallier des gestes de chirurgie invasifs ainsi que par les nouvelles techniques de détection précoce et de traitement local du cancer bronchique non évolué. D'autres thèmes ont été abordé, à savoir : "diagnostic et prise en charge de la trachéobronchomalacie", "prise en charge endoscopique des sténoses trachéales", "apport de l'endoscopie interventionnelle dans la prise en charge des tumeurs bronchiques"

_____________________________________________________________________________________________________________________
Le point focal de cette troisième édition et qui constitue l'innovation de cette année, a été l'atelier d'endoscopie interventionnelle sur des malades sélectionnés. Il s'agit d'un jeune sujet de 32 ans et d'une personne âgée de 82 ans. l'atelier était dirigé par le Professeur Hervé DUTAU.
Pour le premier cas, il s'agit d'un jeune de 32 ans qui, suite à un accident de la voie publique, avait un coma et intubé en réanimation. Il avait fait une complication classique de l'intubation répétée, à savoir une sténose trachéale avec un double diaphragme. Le diamètre qui restait comme trachée à travers le diaphragme était de 5 millimètres. L'opération a consisté à dilater la trachée jusqu'à 15 mini mètres et à poser un stent d'un diamètre de 15 millimètres. Pour ce garçon qui sifflait, le sifflement a disparu et sa trachée est plus large. Il sera suivi et des endoscopies régulières seront effectuées pour surveiller la prothèse.

____________________

Le deuxième patient était un vieille personne de 82 ans vu en janvier et qui avait une sténose tumorale de la bronche souche gauche. A travers l'intervention l'expert a réussi à éplucher une grosse partie de la tumeur, ce qui a permis de voir les bronches segmentaires en aval. Son poumon pourra être ré aéré et avec l'aide de la chimiothérapie anticancéreuse, il pourra non seulement améliore son confort de vie, mais également augmenter son espérance de vie. Il sera confié aux spécialistes qui s'occupent de chimiothérapie, à savoir les oncologues et les radiothérapeutes.
_____________________________________________________________________________________________________________________
Pour le deuxième thème: « l’Allergie à l’arachide », il s’agissait de réfléchir sur la problématique suivante : pourquoi nos populations subsahariennes et maghrébines qui consomment beaucoup d’arachide ne semblent pas développer beaucoup de pathologies allergiques liées à l’arachide, contrairement à celles de l’Occident qui en consomment beaucoup mais et qui développent beaucoup de pathologies allergiques liées à l’arachide. Des études ont donc été menées de par et d’autre et les résultats de ces études ont été confrontés. Pour cela, un expert français de l’Hôpital Necker pour Enfants de Paris, le Docteur Evelyne PATY, le Professeur ABOUSSAD du C.H.U. de Marrakech, le Professeur BAKONDE du C.H.U. DE Lomé, le Docteur Michel THIAKANE de l’Hôpital Principal de Dakar et le Docteur Marième CAUVIN, pneumo pédiatre libéral. Cette séance a été présidée par le Professeur Mamadou BA. Le modérateur était le Professeur Assane KANE et le secrétaire, le Docteur Abdou Khadre FALL


Les experts se sont succédés pour faire part de leurs expériences et échanger sur le thème
Pour le Docteur Marième Diallo CHAUVIN, la prévalence de l'allergie à l'arachide est inconnue au Sénégal. Elle paraît faible vu le nombre de cas dépistés en quatre ans de pratique. La question posée est de savoir si cette faible prévalence serait liée à un sous diagnostic de l'allergie à l'arachide ou à un phénomène de "tolérance", du fait qu'au Sénégal on consomme très tôt et régulièrement l'arachide sous toutes formes. Elle conclut à la nécessité d'une étude multicentrique permettant de déterminer la prévalence réelle de l'allergie à l'arachide au Sénégal. L'espoir repose sur une désensibilisation à l'arachide.
Le Professeur BAKONDE a essayé de faire le point sur la prévalence des sensibilisations l'arachide et d'inventorier les principales manifestations observations notées sur des patients du CHU de Lomé au Togo. D'après les résultats obtenus, certains patients semblent tolérer la consommation de l'arachide malgré une sensibilisation évidente aux tests cutanés. Il a conclu que la prévalence élevée de la sensibilisation à l'arachide parmi la population de pathologies allergiques même réelle bénéficie d'un biais de sélection. Il serait donc utile de pouvoir mener une étude similaire dans la population générale pour avoir une idée plus précise de l'ampleur de la sensibilisation cette légumineuse.
Pour le Professeur Abdelmounaime ABOUSSADE, il n'y a pas de données nationales concernant l'allergie alimentaire en général au Maroc, encore moins celle à l'arachide. Si la prévalence de l'allergie à l'arachide semble important dans certains pays, la préoccupation des professionnels au Maroc est encore centrée sur les pneumallergènes domestiques et polliniques plutôt que sur les Trophallergènes. Des études de plus grande envergure sont nécessaires pour connaître la vraie place de cette pathologie.
Le Docteur Evelyne PATY, a souligné le caractère sévère de l'allergie à l'arachide qui entraîne une altération de la qualité de vie du fait d'ingestions accidentelles fréquentes. L'allergie à l'arachide continue à se développer et l'on commence à peine à mieux connaître les influences potentielles génétiques, immunologiques ou environnementales. Des études récentes ont permis de mieux comprendre l'histoire naturelle de l'allergie à l'arachide et d'améliorer le diagnostic, la prise en charge et l'éducation du patient. Une caractérisation moléculaire plus précise et des études épidémiologiques permettront de mieux comprendre les facteurs de risque associés.

L'auditoire a été très attentif à l'exposé et aux conclusions des orateurs.
_________________________________________________________________________________________________________________________
L'ambiance dans les coulisses
Les derniers réglages avant l'ouverture Les stands des laboratoires
Exposition de matériels d'endoscopie
Pause café dans une ambiance de détente