MISE EN PLACE DE L'ECOLE D'APPLICATION

DU SERVICE DE SANTE DES ARMEES DU SENEGAL

 

 L’Ecole d’application du service de santé du Sénégal a ouvert ses portes. La cérémonie d'ouverture a eu lieu le mardi 19 février 2008 au Cercle Mess des Officiers de Dakar. Cet événement solennel a été présidée par le Général de Corps d'Armée Abdoulaye FALL, Chef d'Etat-Major général des Armées, en présence du Médecin Général Inspecteur Francis KLOTZ, directeur de l'Hôpital Principal de Dakar, du Médecin-Colonel Madické NDAO, directeur du Service de Santé des Armées sénégalais et du Médecin Colonel Boubacar WADE, directeur adjoint de l'Hôpital Principal de Dakar et directeur de l'Ecole d'Application du Service de Santé des Armées sénégalais.

 

       

 

      

 

         

 

De nombreuses personnalités civiles et militaires ont assisté à cette cérémonie. Parmi celles-ci ont peut noter le  Professeur Cheikh Sadibou BOYE, Doyen de la Faculté de Médecine de l'Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, le Professeur Djibril SAMB, le Médecin Général Inspecteur Jean Etinenne TOUZE, directeur de l'école du Val de Grâce. Etaient aussi présents les attachés militaires accrédités auprès des représentations diplomatiques à Dakar, de nombreux officiers des Forces Françaises du Cap Vert et des Armées sénégalaises, notamment du Service de Santé des Armées ainsi que plusieurs autres invités.

 

               

 

      

 

Il revenait d'abord au Médecin Colonel Boubacar WADE, chargé de l'expédition des affaires courantes de l'Ecole d'Application du Service de Santé des Armées de faire la genèse de la création de cette école.

 

 L'Ecole d'Application du Service de Santé des Armées, en gestation depuis  plusieurs années, fut créée par décret du président de la république en juillet 2006.  Elle doit être la "sœur aînée" de l’Ecole militaire de Santé bien que celle-ci soit vieille de près de 40 ans. Elle est une continuité de cette école de formation qui a gagné ses lettre de noblesse dans le temps.

 

Les missions de l’Ecole d’Application du Service de Santé des Armées sont multiples :

 

-     faire des jeunes médecins, pharmaciens et dentistes sortant de la faculté, d’authentiques praticiens militaires par une formation médico-militaire intensive, pratique et adaptée ;

 

-     organiser et suivre dans le temps la formation des assistants, spécialistes et Professeurs agrégés du service de santé des armées ainsi que l’organisation des concours validant ces cursus d’enseignement supérieur,

 

-     organiser et assurer la formation initiale et continue des officiers du corps technique et administratif du service de santé des Armées ;

 

-     assurer la formation spécialisée des officiers techniques du service de Santé,

 

-     assurer la formation initiale et continue des paramédicaux relevant du ministère des Forces Armées.

 

La cérémonie de démarrage de l'Ecole d'Application du Service de Santé des Armées est un élément fondateur. Elle concrétise et formalise le long travail de formation déjà effectuée à l’Hôpital Principal de Dakar, hôpital d’Instruction des Armées depuis des décennies pour former un authentique corps de praticiens hospitaliers des armées aujourd’hui forts de près de 80 officiers servant dans cet établissement  et à l’Académie Royale du Maroc.

 

Tout au long des semaines à venir les stagiaires vont apprendre à prendre en compte les besoins spécifiques du métier de médecin militaire grâce à l’instruction particulière qui leur sera dispensée : hygiène en campagne, médecine de l'avant, triage des blessés et prise en charge des plaies de guerre moderne, prévention des épidémies dans la collectivité en garnison et en campagne, spécificité des missions de maintien de la paix.

 

L'école va prendre à son compte la formation des assistants, des spécialistes et des Professeurs Agrégés du Service de Santé des Armées. Elle est chargée de gérer l'organisation des concours de recrutement de ces niveaux de qualification. Elle est garante de la qualité des praticiens formés quelque soit leur discipline. Elle bénéficiera grandement de l'arrangement technique signé avec le Service de Santé des Armées français en 2006 et qui est concrétisée par un partenariat amical avec l'école du Val de Grâce dont l'expérience séculaire  sera très utile.  Elle est représentée  par son directeur, le Médecin Général  Inspecteur, Jean Etienne TOUZE qui est le maître de bon nombre de praticiens militaires sénégalais. Son équipe enseignante  apporte déjà une aide déterminante en osmose étroite avec le Médecin Général Inspecteur Francis directeur de l'Hôpital Principal de Dakar..

 

Une innovation déterminante sera l'arrivée de la première promotion d'élèves paramédicaux du Service de Santé des Armées qui sera accueillie pour l'année académique 2008-2009. La création du corps des officiers techniques du Service de Santé des Armées constitue une avancée très importante pour le personnel paramédical, qu'il soit infirmier ou technicien supérieur, car elle leur ouvre la porte du corps des officiers. La formation d'officiers spécialisés sera sous la responsabilité de l'Ecole d'Application du Service de Santé des Armées qui en a fait un défi majeur. Le Service de Santé des Armées a pris l'initiative de débuter les activités de l'Ecole d'application au niveau des structures existantes : l'Ecole militaire de santé et le Groupe Hospitalier Dakarois composé de l'Hôpital Principal de Dakar et de l'Hôpital Militaire de Ouakam. Cependant, dans un avenir proche, l'optimisation du fonctionnement de l'école demandera un investissement important en infrastructures pour les locaux d'enseignement et le logement des élèves, en moyens logistiques pour le transport des stagiaires et du personnel, en moyens financiers de fonctionnement et d'investissement.

 

L'Ecole d'application contribuera de manière déterminante à l'amélioration de la mission de soutien du Service de Santé des Armées pour les troupes en opération, pour les structures des Armées en temps de paix et pour les missions de service public à la demande du gouvernement. A terme, l'école doit se positionner comme une école sous-régionale participant aux efforts d'intégration africaine et de solidarité entre les nations.

 

En conclusion le Médecin Colonel Boubacar WADE a marqué son engagement à ne ménager aucun pour la réussite de la mission qui lui est confiée à la tête de l'Ecole d'Application du Service de Santé des Armées sénégalais.

 

 

           

 

         

 

Prenant la parole, le Général de Corps d'Armée Abdoulaye FALL a rappelé le sens de la cérémonie qui est l'aboutissement d'un projet majeur porté sur les fonds baptismaux depuis plusieurs années. En effet, dira-t-il,  l'ouverture de l'Ecole d'application du Service de Santé des Armées matérialise la vision du commandement sur la nécessité de renforcer l'adéquation du système de santé  aux exigences des armées, et plus généralement de consolider sa position au sein du dispositif médical sénégalais. Elle est le signe de la maturité atteinte par le Service de Santé des Armées car elle vient en prolongement de l'Ecole Militaire de Santé qui a déjà produit des générations de praticiens de valeur dont le dévouement a permis de développer le lien Armée-Nation à travers le soutien aux populations civiles et d'assurer la couverture sanitaire et morale des troupes, aussi bien dans les situation opérationnelles que dans la vie quotidienne.

 

L'Ecole d'Application du Service de Santé va permettre de compléter de manière heureuse la formation des élèves au sortir de la faculté, pour qu'ils appréhendent pleinement les spécificités et les exigences du métier d'officier du Service de Santé des Armées. Un volet important de cette nouvelle école qui existait déjà bien à l'Hôpital Principal  de Dakar, hôpital d'instruction des Armées où des praticiens hospitaliers sont formés et suivent le cursus initiatique médical depuis plus de 25 ans avec pour résultat la présence  d'un corps de spécialistes militaires fort de près De 80 officiers. Cet hôpital est le lieu où se vivifie la coopération avec les partenaires français.

 

 la présence à cette cérémonie du Médecin Général Inspecteur Jean Etienne TOUZE, directeur de l'école du Val de Grâce, est une belle illustration. Et le Général FALL n'a pas manqué de le  remercier pour l'aide qu'il a apporté au démarrage de cette école qui sera la "petite sœur" de la prestigieuse de l'école du Val de Grace. Aussi, lui a-t-il demandé d'être son interprète auprès des autorités françaises et du directeur central du Service de Santé des Armées français pour leur témoigner la reconnaissance des autorités sénégalaises et leur volonté de faire vivre  l'arrangement technique signé les Services de Santé des Armées de la France et du Sénégal en septembre 2006. Ce partenariat est en droite ligne du rôle déterminant joué par le Service de Santé des Armées français dans la formation des médecins, pharmaciens et officiers d'administration sénégalais par le biais de stages, de cycles d'études et de préparation aux concours tant en France que dans les hôpitaux d'instruction et les écoles.

 

Toutefois, devant l'accroissement des effectifs qui ne permet plus d'envoyer en France pour l'application des élèves à la fin de leur cursus, la prise de responsabilité de l'indispensable formation continue des officiers sénégalais s'imposait. Dès lors, la création de cette école vient à son heure et, fidèle à sa tradition d'ouverture bien ancrée dans toutes les écoles militaires sénégalaises,  elle accueillera des personnels de santé des pays limitrophes qui le désireront.

 

Le CEMGA a saisi l'occasion pour saluer les autorités académiques de l'Université de Dakar pour leur engagement constant à maintenir le niveau d'excellence des études médicales au Sénégal. Aux stagiaires, il a précisé que la formation qu'ils vont recevoir est un bien précieux qui leur permettra de s'immerger dans le cœur de leur métier qui, sans renier les valeurs hippocratiques intangibles en spécificités médico-militaires qu'ils ne doivent ignorer. "Elle vous donnera les outils nécessaires pour préparer les jeunes médecins militaires que vous êtes à ces spécificités dont vos anciens ont une riche expérience aussi bien sur le territoire national, dans les structures militaires, en garnison ou à l'extérieur dans le cadre de notre forte participation aux missions de maintien de la paix" a-t-il renchéri.

 

Pour le choix du Médecin Colonel Boubacar WADE pour diriger cette école, le Général FALL dira que c'est de par ses qualités humaines, ses compétences d'enseignant reconnu de tous. Le Médecin Colonel WADE a suivi le long parcours hospitalier qui l'a mené à l'agrégation du Val de Grâce et l'a mené aux fonctions de directeur adjoint de l'Hôpital Principal de Dakar, hôpital d'instruction des Armées, avec la responsabilité de la formation où il excelle. Il a pu réfléchir et préparer ce nouveau challenge avec la complicité amicale du Médecin Général Inspecteur Francis KLOTZ, directeur de l'Hôpital Principal de Dakar et du Médecin Colonel Madické NDAO, directeur de la Santé des Armées. Le Cemga lui a souhaité tous les succès qu'il mérite, tout en précisant que des défis majeurs sont à relever pour concrétiser une autre ambition des armées qui est de former le personnel paramédical avec l'intégration de la première promotion dès la rentrée 2008-2009. Elle constituera les prémices de la constitution à terme d'un Service de Santé Armée dans toutes ses composantes avec la création d'un authentique corps de personnel paramédical et technique qui permettra une optimisation de l'efficacité soutien Santé sur le terrain et le dynamisme de nos formations hospitalières. Le Général FALL l'a assuré de tout le soutien du commandement pour la réussite de l'exaltante mission qui lui a été confiée pour le bien des femmes et des hommes qui servent sous le drapeau.

 

   

 

Ce fut ensuite au tour du Médecin Colonel Madické NDAO d'introduire le Professeur Djibril SAMB,  conférencier du jour pour sa leçon inaugurale. Le Professeur  SAMB est Professeur titulaire de la Chaire de Philosophie et spécialiste de la Grèce antique, berceau de la philosophie. Très impliqué dans la vie de l'université, le Professeur SAMB est un esprit brillant et curieux, passionné par la culture africaine et par ses racines. Ses travaux sont très riches et ses écrits multiples, allant de la méthodologie à l'éthique, en passant par l'interprétation des rêves.

 

    

 

Les 12 stagiaires de la première promotion ont écouté la leçon inaugurale du Professeur Djibril SAMB qui a  accepté de traiter d’un sujet fondamental pour des jeunes praticiens à l’aube de leur métier : "Approche hippocratique de l’éthique médicale".